LAURÉATE 2009 & 2010 

Sylvie CHOKRON

Directrice de recherche CNRS. Responsable de «l’Unité Fonctionnelle Vision et Cognition», service de neurologie, Fondation ophtalmologique Rothschild. 

THÈME DE RECHERCHE

Caractérisation des troubles neurovisuels chez l’enfant porteur d’une atteinte neurologique.

SUBVENTION JED : 150.000 €

OBJET DE LA SUBVENTION

Sémiologie des troubles neurovisuels et de leurs substrats neurologiques chez des enfants de 4 à 8 ans.

OBJECTIF DU PROJET

Soutenue par la Fondation JED l’Unité Vision et Cognition a mené un projet de recherche visant à définir et à caractériser les troubles visuels, spatiaux et attentionnels chez les enfants ayant survécu à une asphyxie périnatale et porteurs de troubles de l’interaction sociale. 

 

Ce travail nous a permis de montrer que dans leur grande majorité, les enfants présentant des troubles de l’interaction et/ou ayant survécu à des conditions neurologiques difficiles présentent des troubles neurovisuels allant de l’amputation du champ visuel à des troubles de l’analyse ou de l’attention visuelle.

 

Mieux connus, mieux caractérisés, mieux dépistés, ces troubles doivent être pris en compte afin de comprendre comment ils s’insèrent dans la constellation complexe des troubles des apprentissages, du développement et des interactions sociales. En effet, la vision est, au cours du développement de l’enfant, le socle d’un grand nombre d’acquisitions et d’apprentissages autour desquels vont se structurer la personnalité et la cognition. 

CARACTÉRISATION DES TROUBLES NEUROVISUELS CHEZ L’ENFANT PORTEUR D’UNE ATTEINTE NEUROLOGIQUE

Des études mettent en évidence que la prématurité ainsi que des épisodes d’hypoxie seraient l’une des causes organiques les plus fréquentes des troubles neurovisuels chez l’enfant.

 

     Grâce au soutien de la Fondation JED, nous avons pu mener une recherche entre 2009 et 2011 dans le but de caractériser la sémiologie des troubles neurovisuels et de leurs substrats neurologiques chez des enfants de 4 à 8 ans.

 

     Nous avons ainsi pu montrer que les enfants nés dans un contexte de grande prématurité ou d’anoxie cérébrale présentent le plus souvent des troubles du champ visuel, de l’attention visuelle, de l’analyse et de la mémoire visuelle qui entravent grandement leur relation au monde, leurs capacités locomotrices ainsi que leurs apprentissages. Ces troubles peuvent de plus être associés à des troubles neuropsychologiques divers ainsi qu’à des troubles envahissants du développement.

 

     De plus, cette recherche a permis de montrer que même lorsque l’imagerie cérébrale anatomique classique (IRMa) ne met pas en évidence de lésion cérébrale chez ces enfants, l’imagerie fonctionnelle comme la tomographie par émission de positons (SPECT) se révèle plus sensible que l’IRM anatomique pour objectiver les lésions cérébrales responsables des troubles neurovisuels.

 

     Cette recherche démontre ainsi la nécessité de dépister les troubles neurovisuels chez les enfants nés dans des contextes ‘à risque’ comme la grande prématurité ou l’anoxie péri-natale afin de mettre en place une prise en charge adaptée permettant de réduire leur effet délétère sur les interactions sociales, les apprentissages et l’autonomie. Cette recherche souligne l’importance d’une reconnaissance de ces troubles par les milieux médicaux, paramédicaux et scolaires.